La journée a débuté dans un verger de Golden planté en 2013, sur la parcelle de Marie-Noëlle Brunner. Alain Genilloud, responsable des essais pour la Suisse romande chez Stähler, a présenté un essai portant sur la régulation de la croissance. Dans ce verger particulièrement vigoureux, une stratégie en trois applications a été comparée à un témoin non traité. L’objectif était de mesurer l’effet du traitement sur la croissance des pousses de l’année et sur l’alternance. La modalité testée comprenait deux applications de 1,25 kg/ha, à la chute des pétales puis environ quatre semaines plus tard, complétées par une troisième application de 1 kg/ha sur la partie haute du verger. Dans les conditions de l’essai, les observations ont montré une réduction de 20 à 25 % de la longueur des pousses par rapport au témoin.
La deuxième partie de la journée était consacrée à la lutte contre le carpocapse. David Gaillet, responsable marketing Europe d’UPL pour les biosolutions, adjuvants et régulateurs de croissance, a présenté le fonctionnement de la Carpovirusine EVO2. Cette solution repose sur le Cydia pomonella granulovirus (CpGV), un virus qui agit après ingestion par les jeunes larves de carpocapse. La présentation a notamment permis d’aborder son mode d’action, son procédé de fabrication ainsi que la question des résistances.
Le positionnement du traitement constitue un élément essentiel : le virus doit être ingéré par la jeune larve avant que celle-ci ne pénètre dans le fruit. Plus largement, les échanges ont rappelé l’importance de combiner les différents leviers disponibles dans la lutte contre le carpocapse, en fonction de la pression et des conditions rencontrées au verger.
Enfin, Clara Jodar, coordinatrice de la Suisse romande chez Stähler, a présenté Harvista 1.3 SC, un régulateur de croissance à base de 1-MCP. Cette substance agit sur les récepteurs de l’éthylène, ralentissant ainsi le processus de maturation. Les essais présentés montrent notamment un retard de la maturation pouvant atteindre 5 à 12 jours sur pommes et 4 à 7 jours sur poires. Le maintien de la fermeté et la réduction de certains défauts physiologiques faisaient également partie des effets présentés. Le bon positionnement du traitement reste toutefois déterminant et doit être adapté au stade de maturité des fruits. Les participants ont ainsi pu assister à une démonstration de test d’amidon sur pommes et de mesure de la fermeté sur poires, deux outils permettant d'évaluer l'état de maturité des fruits.